Une manière de travailler basée sur la rencontre
Un film commence bien avant le tournage.
Observer avant de filmer
Avant de sortir la caméra, j’ai besoin de comprendre qui je vais filmer, ce qui vous anime et ce que vous souhaitez raconter. Nous échangeons, en visio ou lors d’un rendez-vous, je pose des questions, je découvre votre univers et votre manière de travailler. Cette première rencontre me permet de réfléchir à ce qui mérite d’être montré, mais aussi à ce qui peut se raconter autrement, par une voix, un geste, une ambiance ou un détail.
Je ne cherche pas à faire entrer votre histoire dans un scénario écrit à l’avance. Je préfère arriver avec une intention et laisser ensuite une place à ce qui va réellement se passer.
Être présente sans prendre toute la place
Pendant le tournage, je cherche avant tout à être attentive. J’aime observer les gestes qui reviennent, les habitudes, les regards, les silences, les matières, la lumière qui entre dans un atelier ou les petits détails auxquels on ne pense plus lorsque l’on travaille chaque jour au même endroit.
Je reste volontairement discrète. L’idée n’est pas de vous faire jouer votre propre rôle, mais de vous permettre de faire ce que vous faites habituellement, tout en créant les conditions pour que certaines choses puissent aussi être racontées face à la caméra lorsque cela a du sens.
Je m’adapte à chaque personne et à chaque lieu. Il y a ce que nous avions imaginé avant le tournage, et puis tout ce que l’on découvre une fois sur place. C’est souvent dans ces moments-là que se trouvent les images les plus justes.
Ma présence est souvent décrite comme une petite souris. Je cherche à capter la vérité, mon set est léger me permettant d’être libre de mes mouvements.
Construire une histoire à partir de fragments
Une fois le tournage terminé, je retrouve toutes ces images et ces sons et commence un autre travail : chercher ce qui relie les différents fragments entre eux.
Je trie, j’écoute, je regarde, je rapproche certaines images et j’en écarte d’autres. Petit à petit, le récit apparaît. Comme un puzzle, les gestes, les paroles, les sons, la musique et les silences trouvent leur place.
La musique occupe une place importante dans cette construction. Elle m’aide à trouver un rythme, mais elle ne vient jamais remplacer l’histoire. Elle doit l’accompagner, lui laisser de l’espace et parfois simplement permettre à une émotion de rester quelques secondes de plus.
Une histoire qui se construit ensemble
Cette façon de travailler demande du temps, de l’écoute et une certaine confiance. C’est pour cela que je privilégie les échanges avant et pendant le projet plutôt qu’une méthode entièrement figée.
Mon rôle n’est pas seulement de venir réaliser de belles images. Je cherche à comprendre ce qui rend votre histoire singulière pour pouvoir ensuite le faire ressentir à travers le film. Je ne cherche pas à reproduire le même film d’un projet à l’autre.
Photo : Lorène

















